Les présidentielles: quelques positions sur la sécurité et la défense

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À quelques jours des élections présidentielles, penchons nous sur les politiques de sécurité et de défense des « grands » candidats.

  • Nucléaire

Hamon: Benoît Hamon promet en général un renforcement des moyens de défense. Cet engagement porte aussi sur l’arme nucléaire, car le candidat considère la dissuasion nucléaire comme clef de voute dans la stratégie de défense de la France.

Macron: Concernant le nucléaire, Emmanuel Macron propose d’engager la modernisation de la force de dissuasion nucléaire, « garante de la sécurité de la France ». Cet effort concernera ses composantes sous-marines et aéroportées.

Mélenchon: Jean-Luc Mélenchon est un partisan des conférences de désarmement nucléaire qui militent pour une interdiction et une suppression de l’ensemble des armes nucléaires. Cependant, il souhaite conserver l’arme nucléaire française tant que les autres pays n’auront pas engagé le même processus, et n’engagera ainsi pas de désarmement nucléaire unilatéral. Il souhaite que la Russie et les USA engagent les premiers ce processus car ce sont les plus gros possesseurs de bombes nucléaires. Malgré ses critiques, il considère cette arme comme importance pour la France afin d’éviter de subir un rapport de force d’un quelconque pays. Par ailleurs, il considère l’arme nucléaire particulièrement dangereuse dans certaines zones sensibles, il est ainsi opposé à sa possession par Israël ou par l’Inde, qui sont respectivement dans des conflits au Moyen-Orient et face au Pakistan.

Le Pen: Marine Le Pen souhaite garder la force de dissuasion nucléaire intacte, pierre angulaire de la défense française. « Notre concept de dissuasion nucléaire, dit-elle, sera réaffirmé et précisé. Il doit demeurer le fondement de notre stratégie de défense et la garantie ultime de la sécurité et de l’indépendance nationale. »

Fillon: En ce qui concerne le nucléaire, Fillon souhaite finaliser la restructuration de la filière industrielle nucléaire et moderniser le parc nucléaire pour en prolonger la durée d’exploitation. Pour Fillon, le nucléaire reste avec tout « l’ultime recours », qui permettrait à la France de maintenir la Force de dissuasion nucléaire et engager sa modernisation

  • Europe de la défense

Hamon: Hamon souhaite lancer une coopération plus importante en matière de défense parmi les pays membres de l’UE. Présentant son projet de défense à Strasbourg dans une allocution du 23 mars 2017, il a exprimé sa volonté de construire par étape « une défense européenne, une Union de défense ». Eu égard au Brexit, il considère la France comme un possible pilier de défense au sein de l’UE.

Macron: Au sujet de l’Europe de la défense, il veut préparer la France aux changements stratégiques qui se dessinent en Europe – notamment face à la posture incertaine du Royaume-Uni, la poursuite du désengagement américain en EUrope et le renforcement du rôle de l’Allemagne. « Nous développerons (vraiment) l’Europe de la défense ». Il s’agirait pour le candidat de renforcer la coordination des opérations avec les alliés européens en créant un Quartier Général européen permanent pour assurer la planification et le suivi des opérations, en lien avec les centres de commandement nationaux et de l’OTAN. Il souhaite également créer un Conseil de sécurité européen, composé de militaires, diplomates et experts du renseignement, pour conseiller les décideurs européens ; et soutenir la création d’un Fonds européen de défense, pour financer des programmes communs, tel un drone européen.

Mélenchon: Le candidat d’extrême-gauche est totalement opposé à l’Europe de la défense qu’il considère comme une Europe de la guerre : « penser que l’on va relancer l’Europe par l’Europe de la défense, c’est une vision terrible. On n’a pas fait l’Europe pour ça mais pour faire la paix ». Selon lui cette Europe de la défense est une préparation à la guerre contre un ennemi russe qu’on refuse de nommer. À noter que Jean-Luc Mélenchon refuse de mettre à disposition la dissuasion nucléaire française à l’ensemble des 28 pays de l’Union Européenne, la dissuasion nucléaire resterait ainsi cantonnée à une défense de la France. Le candidat vise particulièrement les pays de l’Europe de l’Est, qui sont « en conflit depuis 1000 ans avec la Russie », et ne veut pas être partie prenante de provocations de part et d’autres. Ce serait de fait un délitement de la solidarité mutuelle entre les 28 membres de l’Union Européenne prévue par les traités européens.

Le Pen: La candidate frontiste se montre intransigeante concernant l’Union Européenne et tout ce qui s’approcherait de trop près d’un fédéralisme européen. L’Europe des Nations, voire le Frexit sont mentionnés ; elle affirme vouloir sortir de tout espace de libre échange donc de Schengen. Dans ce cadre, il est impensable de fonder une Europe de la défense ou une quelconque politique qui ferait perdre à la France son autonomie du point de vue diplomatique.

Fillon: Suite aux « dérives » russes, Fillon propose désormais de s’orienter vers la constitution d’une « Alliance européenne de Défense », avec le soutien de la Chancelière Angela Merkel. Ce projet ambitieux voudrait établir une coopération militaire fondée sur la mise en commun des moyens nationaux, ainsi que la création d’une industrie de défense européenne et la mutualisation des dépenses d’intervention extérieure.

  • Terrorisme

Hamon: Quant à l’état d’urgence, le candidat de la PS promet de convoquer un débat parlementaire sur ce sujet. Selon lui, les possibilités de recours aux procédures d’urgence devraient être restreintes et précisées dans la Constitution elle-même. Néanmoins, il veut généralement poursuivre les efforts faits dans la lutte contre le terrorisme et souhaite renforcer encore les moyens humains, financiers, techniques et juridiques, par exemple en établissant une police de proximité.

Macron: Selon son programme, Emmanuel Macron répondrait à la menace terroriste par l’embauche de 10 000 policiers et gendarmes. Amplifier la stratégie de la France à l’extérieur: il propose de frapper les terroristes directement dans leurs repaires pour les empêcher d’établir des bases territoriales notamment dans les zones d’intérêt proches de la France (Afrique, Méditerranée, Proche-Orient). Il s’engage à mettre en œuvre des coopérations et des incitations à la coordination régionale des acteurs. Emmanuel Macron veut mener des actions concertées avec les partenaires de la France contre les instruments de propagande et recrutement. Ceci passe par une guerre de l’information (notamment sur internet) et par une coopération pour un meilleur contrôle des frontières françaises. Moderniser et adapter la stratégie de sécurité intérieure: il propose d’améliorer le renseignement, à tous les niveaux (extérieur, européen, national et territorial). Les acteurs seront davantage coordonnés avec une centralisation de la planification des interventions sur le territoire et une planification des secours et réactions. Le reflux programmé de Sentinelle sera interrompu ou modulé en considération de l’intensité de la menace terroriste

Le Pen: Ce secteur est le plus développé dans le programme de Marine Le Pen. Tout d’abord, elle souhaite augmenter les effectifs de police et de gendarmerie de l’ordre de 15 000 fonctionnaires, ainsi que de les armer. Elle tient aussi à augmenter leur défense juridique afin qu’en cas de bévue, le principe de légitime défense soit plus facilement retenu. Elle prévoit de monter un grand projet de désarmement des « banlieues ». Son volet judiciaire comporte la construction de 40 000 places de prisons supplémentaires ainsi que le durcissement des peines de prison ou le renvoi à la frontière des criminels étrangers. Concernant plus précisément le terrorisme en lui-même, elle tient à expulser tous les fichés S étrangers ainsi que ceux qui seraient liés à des mouvances islamistes. La présidente du FN fermera toutes les mosquées jugées radicales. Afin d’écarter les terroristes du territoire français, elle prévoit de mettre en place la déchéance de la nationalité pour ceux qui sont concernés tout comme placer en détention préventive tout Français soupçonné d’avoir des liens avec des organisations terroristes. Enfin, elle augmentera les moyens alloués aux services de renseignement.

 Fillon: Le programme de Fillon en matière de défense se concentre essentiellement sur la lutte « implacable » contre le terrorisme et le totalitarisme islamique. Selon son programme, en plus d’instaurer la déchéance de nationalité, Fillon souhaite interdire à tout Français parti combattre à l’étranger dans les rangs terroristes de rentrer sur le territoire national, expulser du territoire national les étrangers proches des réseaux terroristes, et faire application de peines renforcées pour les atteintes à la sécurité nationale. Sur le territoire national, le candidat des Républicains veut « permettre aux préfets, au-delà de la fin de l’état d’urgence, d’ordonner une fermeture des lieux de culte lorsque leur activité est de nature à porter une atteinte grave à l’ordre public et à la sécurité intérieure ». Enfin, son programme prévoit la mise en place de l’accès au fichier passager PNR, afin de contrôler les arrivants et les mouvements, ainsi que le renforcement de la défense des frontières Schengen « par des garde-côtes et une plus grande utilisation de Frontex (agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États de l’UE). »

  • Cyber sécurité

Hamon: Le point de cyber sécurité est abordé expressément par Hamon dans son programme. Il s’engage à développer les capacités de cyberdéfense de la France, notamment la production autonome des technologies de sécurité des réseaux de communication et des systèmes d’informations de l’État.

Macron: Le candidat d’En Marche ! souhaite renforcer la priorité en matière de cyberdéfense et de cybersécurité, car Internet est un nouveau terrain d’opération des conflits et des tensions.

Le Pen: Marine Le Pen souhaite accroitre les moyens de la France mais reste globalement vague sur ces questions.

Fillon: Désireux d’affirmer « la souveraineté numérique de la France et de l’Europe face aux Etats-Unis, à la Chine, ou aux géants de l’Internet », François Fillon dit dans son programme qu’il compte faire de l’indépendance technologique et la cybersécurité une priorité. Il souhaite moderniser l’État français en le rendant plus efficient grâce au numérique, et transformer la France en « pays pionnier de l’open data et de la e-démocratie ». Malgré un manque de propositions concrètes sur le territoire national, une proposition innovante montre son envie d’engager un programme de collaboration européenne dans le secteur de l’informatique, pour « faire de l’Europe le pôle d’innovation dans le domaine de l’intelligence artificielle et de la blockchain » et assurer la cybersécurité des citoyens, des entreprises et des institutions.

  • Affaires étrangères

Hamon: Le candidat socialiste promet que la France resterait attachée à l’ONU. Mettant en avant la promotion du multilatéralisme, il souhaite « allier développement et sécurité, droits humains et nouvelles règles commerciales ». Il s’engage ainsi à cultiver les partenariats internationaux de la France et respecter ses engagements internationaux, tels que la Cour international pénale ou l’accord sur le nucléaire iranien.

Macron: S’affirmer à l’échelle mondiale en tant que puissance européenne est un but important du candidat En Marche! Selon Emmanuel Macron, la France est une puissance militaire et diplomatique de premier rang. Son alliance avec les Etats-Unis est le fruit d’une histoire commune, fondée sur différents succès démocratiques. L’élection de Donald Trump ne doit en tout état de cause venir altérer cette alliance stratégique. C’est pour cela que « la France doit inscrire sa politique internationale dans l’Europe qui la rend plus forte et doit savoir discuter avec des puissances, même quand elles ne sont pas amies ». Il s’agit donc de discuter efficacement  avec la Russie et consolider les relations d’amitié avec les Etats-Unis, ce qui passe par une politique étrangère européenne efficace qui permet aux démocraties européennes de peser à l’échelle diplomatique.

Mélenchon: À tort ou à raison Jean-Luc Mélenchon est souvent catalogué comme un candidat pro-russe, il s’en défend en indiquant défendre uniquement l’intérêt de la France, et que l’intérêt de la France est de s’entendre avec la Russie. Il qualifie d’ailleurs la Russie d’« allié et de partenaire ». Jean-Luc Mélenchon a comme axe principal de rééquilibrer les alliances de la France, nous l’avons vu, il souhaite quitter l’Otan et se désengager d’une Europe de la défense, mais il souhaite également un rééquilibrage de la politique française. Son projet comporte ainsi le souhait d’une alliance avec les pays émergents, la Russie en tête, car il considère la France « soumise » à une Amérique belliqueuse. Il dénonce également les « alliances hypocrites avec les pétromonarchies du Golfe (Qatar, Arabie Saoudite.) et le gouvernement turc actuel » d’Erdogan. L’Arabie Saoudite et le Qatar qui sont parmi les principaux acheteurs d’armement de la France et sont ainsi qualifiés de « suspects » par Jean-Luc Mélenchon. Concernant le conflit israélo-palestinien, il souhaite reconnaître l’État Palestinien, et préconise une solution à deux États avec un retour aux frontières de 1967 et Jérusalem-Est comme capitale.

Le Pen: La présidente du FN souhaite se rapprocher de la Russie, qui est pour elle un allié historique de premier plan. Pour cela elle compte, entre autres, supprimer toutes les sanctions économiques imposées depuis la crise ukrainienne. Concernant le Moyen Orient, elle souhaite que la France joue un rôle protecteur des minorités chrétiennes. En Syrie, elle s’oppose à toute intervention américaine comme a pu être faite au cours des derniers jours. Elle affirme que Bachar al-Assad est le seul rempart contre Daesh, il est « la seule solution viable ». Elle soutient le général al-Sissi, président d’Egypte, qu’elle estime être à la tête d’« un pays arabe anti-islamique. » D’une règle générale, elle souhaite l’instauration d’un monde multipolaire où la France pourrait jouer un rôle important. Elle est donc pour la fin des accords internationaux de défense et de solidarité pour permettre une plus grande indépendance.

Fillon: Proche de celles de Benoît Hamon ou d’Emmanuel Macron, la politique étrangère de François Fillon a pour objectif de redonner à France une position plus forte face aux puissances mondiales établies et émergentes. Estimant la France « hors jeu sur la scène diplomatique », son projet s’inscrit dans une vision réaliste, concentré sur les intérêts et les rapports de force et désireuse de renouer la France avec son rôle de « puissance indépendante et d’équilibre ».Pour ce faire, Fillon propose de renforcer les liens avec les Etats-Unis, afin d’éviter qu’une alliance américano-soviétique ne prenne le dessus des relations internationales. Son soutien notoire de Vladimir Poutine en revanche, n’est plus de mise : malgré son envie de « rétablir le dialogue et des relations de confiance avec la Russie » afin de la faire redevenir « un grand partenaire », il reconnaît aujourd’hui « la dérive » russe, notamment par rapport à son soutien du gouvernement de Bachar al Assad. Vis-à-vis des puissances émergentes, Fillon propose un partenariat stratégique avec la Chine, qui permettrait de trouver un point d’entente sur les grands enjeux contemporains. À savoir, le changement climatique, la lutte contre le terrorisme, et la régulation du commerce.

  • Pro/contre OTAN

Hamon: Hamon écarte la proposition de certains candidats de sortir de l’OTAN. Néanmoins, il considère que la coopération en matière de défense devrait jouer plus sur le plan de l’UE que sur celui de l’OTAN. Craignant une dépendance de l’OTAN des intérêts américains, qui auraient changé avec l’élection de Donald Trump, il veut renforcer une politique européenne commune de défense qui serait autonome et préserverait ainsi les intérêts des états européens.

Macron:  Vis-à-vis de l’OTAN, Emmanuel Macron est d’avis que la France n’a pas intérêt à remettre en cause sa place au sein du commandement intégré, mais l’élection de D. Trump ouvre une période d’incertitude. En dehors des Balkans, et le cas échéant de la Finlande et de la Suède, la France ne soutiendra pas de nouveaux élargissements de l’Alliance. Elle veillera à limiter les interventions de l’OTAN en dehors de sa zone géographique aux seuls cas où les intérêts de la France sont directement concernés. La France ne s’engagera dans de nouvelles opérations militaires extérieures, hors cas de légitime défense, que si les conditions d’une sortie de crise politique sont posées. Le renforcement de l’Europe de la défense sera une priorité. L’OTAN et l’Europe de la défense ne sont pas contradictoires. Leur renforcement parallèle est une garantie d’efficacité mais aussi le gage de son indépendance selon le candidat d’En Marche !. Le dialogue OTAN-Russie ne doit pas être abandonné.

Mélenchon: Jean-Luc Mélenchon fait de la sortie de l’OTAN le fondement de son programme de défense, il considère ainsi l’OTAN comme un outil européen à la solde des Etats-Unis, qui ne résout pas mais au contraire « crée des problèmes en Europe ». Il refuse également « toute alliance militaire permanente à l’exception des opérations de maintien de la paix de l’ONU », qui sont elles-mêmes dépendantes du Conseil de Sécurité de l’ONU. La France n’interviendrait donc pas sans l’aval du Conseil de Sécurité, qui est souvent bloqué face à la menace d’un véto d’un des 5 membres (Chine, Russie, France, USA, Royaume-Uni).

Le Pen: La candidate est sans concession concernant l’OTAN, qu’elle souhaite quitter le plus vite possible.

Fillon: Malgré les positions marquées des cinq candidats vis-à-vis de l’OTAN, Fillon ne déclare pas sa position sur ce sujet.

  • Budget de la défense

Hamon: Benoît Hamon promet en général un renforcement des moyens de défense. Cet engagement porte aussi sur l’arme nucléaire, car le candidat considère la dissuasion nucléaire comme clef de voute dans la stratégie de défense de la France.

Macron: Il souhaite porter progressivement le budget de la défense à 2% du PIB en 2025. « Cet effort est nécessaire, pour faire face au renforcement des effectifs post-attentats et pour moderniser les équipements, mobilisés sur plusieurs fronts ».

Mélenchon: Mélenchon est le seul candidat parmi les cinq principaux à ne pas proposer une augmentation du budget de la Défense jusqu’au seuil de 2%, il considère en effet ce chiffre comme étant imposé par les Etats-Unis à travers l’Otan. Il ne prévoit d’ailleurs tout simplement aucune augmentation du budget de la défense. Selon lui, il faut tout d’abord définir les objectifs avant de définir les moyens qu’on alloue à la défense : « c’est la stratégie qui commande, pas le budget ». D’autre part, Jean-Luc Mélenchon propose de rétablir un service national de 9 à 12 mois, obligatoire pour garçons et filles entre 18 et 25 ans, rémunéré au Smic.

Le Pen: Le budget de la défense sera revu à la hausse si elle est élue. Il croitra immédiatement pour atteindre 2%. Ce seuil minimum sera inclus dans la Constitution. L’objectif à la fin du quinquennat est d’atteindre 3% du PIB consacré à la défense. Elle compte réarmer massivement les troupes françaises, augmenter les effectifs de 50 000 hommes et surtout mettre en service un second porte-avion, baptisé Richelieu dans son programme.

Fillon: Le programme de défense de Fillon s’axe sur trois grands pôles : Libérer, protéger, et réconcilier. En plus d’augmenter le budget de la défense, Fillon souhaite moderniser les moyens des forces de l’ordre et construire des places de prison. De plus, l’ancien premier ministre compte abaisser la majorité pénale à 16 ans et instaurer la tolérance zéro.

  • Syrie

Hamon: Le programme du candidat de la gauche reste très vague sur les propositions relatives à la solution du conflit en Syrie et le rôle que joue la Russie à cet égard. Néanmoins, Hamon semble être plus hostile à la diplomatie russe que d’autres candidats présidentielles. Après les attaques chimiques en Syrie début avril, il a affirmé dans une communiqué qu’une solution en Syrie « ne peut, pour être viable, inclure le maintien de Bachar Al Assad en Syrie », ce que la Russie devrait enfin comprendre.

Macron: « La France doit retrouver sa place au Moyen-Orient, en particulier pour accompagner la résolution de la crise syrienne ». Pour Emmanuel Macron, l’un des grands défis est celui de la crise des réfugiés. Il veut tenir les engagements européens pour accueillir les enfants, les femmes et les hommes qui fuient la guerre en Syrie. Cette politique d’accueil, juste et efficace, doit se renforcer à tous les niveaux : contrôle maîtrisé et plus strict des frontières, lutte contre les filières et les réseaux criminels, répartition équilibrée de l’accueil entre les pays européens et refonte du droit d’asile, accélération des procédures et meilleure orientation des familles. Réorganiser les priorités en ce qui concerne le terrorisme international: « Nous ne pouvons pas faire de l’extermination du régime de Bachar el-Assad un préalable à toute décision, même si c’est bien évidement un objectif ». Il désire adopter une attitude responsable. L’ennemi principal, selon Emmanuel Macron, c’est l’islamisme radical qui se développe sur les ruines de la Syrie. Ne pas sombrer dans la complaisance envers Bachar el-Assad. « Il ne s’agit donc pas de maintenir Bachar el-Assad au pouvoir ad vitam eternæm, mais de trouver une solution politique transitoire pour sortir de cette impasse politique ». Maintenir une coopération internationale: la résolution du conflit syrien passe par « une discussion exigeante et réaliste avec l’ensemble des puissances qui sont impliquées dans cette situation ». La France ne doit donc pas tourner le dos aux grandes puissances. « C’est en arrivant à un juste équilibre entre toutes les parties que la paix là aussi pourra être rétablie. »

Mélenchon: Jean-Luc Mélenchon considère qu’au-delà d’un conflit confessionnel traditionnel en Syrie, il s’agit surtout « de batailles pour l’accès aux matières premières » – le gaz et le pétrole, tout le reste, ce sont des histoires ». Il refuse ainsi de critiquer les bombardements russes sur Alep en les comparant aux bombardements de l’Arabie Saoudite au Yémen ou encore des Américains sur Le Havre à la Libération. Il salue en 2016 l’intervention de Vladimir Poutine : « Je pense qu’il va régler le problème. ». Quant à la récente attaque chimique attribuée au régime de Bachar-El-Assad, à rebours de l’ONU, Jean-Luc Mélenchon considère que la responsabilité du régime n’est pas certaine.

 

Bibliographie:

  • https://www.marine2017.fr/programme/
  • https://www.benoithamon2017.fr/le-projet/
  • https://www.benoithamon2017.fr/wp-content/uploads/2017/03/Benoit-Hamon-Mon-projet-pour-la-politique-de-la-Defense-de-la-France.pdf
  • https://www.benoithamon2017.fr/2017/04/07/communique-de-benoit-hamon/
  • http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2016/11/24/politique-etrangere-qu-est-ce-qui-differencie-fillon-et-juppe_5036915_4854003.html
  • http://www.lemonde.fr/personnalite/francois-fillon/programme/
  • https://www.challenges.fr/monde/europe/en-politique-etrangere-le-programme-de-francois-fillon-sort-de-l-ambiguite_450032
  • http://www.lemonde.fr/personnalite/francois-fillon/programme/
  • http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/justice-defense-terrorisme-ce-que-prevoit-le-programme-de-fillon-en-termes-de-securite-923365.html

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