Une semaine dans le monde : la semaine du 26 octobre 2020

Une semaine dans le monde : la semaine du 26 octobre 2020

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L’antenne International Security and Defense a sélectionné pour vous les informations importantes de la semaine du 26 octobre. L’article a été rédigé par Clarisse Bruneton, Louise Cuillé-Montaldier et Inès Evrain.

Une normalisation des relations avec Israël qui divise le Soudan

Annoncée le 23 octobre comme une « victoire pour les Etats-Unis et la paix dans le monde » par Donald Trump, la normalisation des relations avec Israël est perçue pour certains Saoudiens comme une opportunité, pour d’autres comme une trahison. Cet accord a pour but de mettre fin à des décennies de conflits entre le Soudan et l’Etat Hébreu.

Alors que le Soudan a été retiré de la liste des pays soutenant le terrorisme par les Etats-Unis, cet accord serait, selon une partie de la population, l’occasion de sortir de l’isolement international dans lequel se trouvait jusqu’alors le pays. Il représente ainsi un intérêt économique majeur, permettant la signature des nombreux accords commerciaux et agricoles, mais aussi un dialogue plus aisé avec le Fond Monétaire International et la Banque Mondiale, dont l’aide serait la bienvenue dans le contexte de crise sanitaire actuel.

Pour d’autres cependant, cet accord est une trahison à la « cause panarabe », qui réunit les pays arabes autour du sort de la Palestine notamment. Un an plus tôt, un sondage affirmait que 79 % des Soudanais étaient opposés à un rétablissement des relations avec Israël, au nom de cette cause. Chefs religieux et politiques, comme Sadek Al-Mahdi, sont les premiers opposés à cet accord, « contraire au droit national et à l’engagement panarabe » (Al-Mahdi).

La réponse du Premier Ministre, affirmant que l’accord n’entrerait pas en vigueur avant une ratification par le pouvoir législatif, est contradictoire, le Soudan ne possédant pas de Parlement de transition.

Il s’agit du deuxième accord trouvé sous l’égide américaine au Moyen-Orient.

Source : « L’annonce d’une normalisation des relations avec Israël ne passe pas au Soudan », rédaction Afrique de France Info, 27 octobre 2020. URL : https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/politique-africaine/l-annonce-d-une-normalisation-avec-israel-ne-passe-pas-au-soudan_4157837.html

L’Iran se prononce dans le conflit qui oppose l’Azerbaïdjan et l’Arménie

Jusque là prudent, accusé au début du conflit de soutenir l’Arménie en laissant passer des armes russes, le gouvernement iranien a finalement apporté son soutien à l’Azerbaïdjan dans la guerre qui l’oppose à l’Arménie. Malgré une longue alliance avec Erevan, Téhéran a dénoncé « l’occupation » du Haut-Karabakh par les séparatistes Arméniens.

Bien que l’Azerbaïdjan et l’Iran soient tous deux des pays musulmans chiites, ce soutien et paradoxal : l’Azerbaïdjan est un allié d’Israël, alors que l’Iran est l’un de ses plus sérieux ennemis.

Il est important de prendre en compte la situation particulièrement délicate de l’Iran dans ce conflit. À la frontière même des lieux d’affrontements, le pays compte également entre 15 et 30 millions d’Azéris sur son territoire, et 300 000 Arméniens environ. De quoi expliquer la position jusque là neutre de l’Iran, qui cherche à préserver son intégrité nationale, face à un sentiment indépendantiste fort parmi la population azérie.

Depuis le 25 octobre, l’Iran a posté ses troupes le long de sa frontières avec l’Azerbaïdjan et l’Arménie, victime de tirs sur son territoire depuis le Haut-Karabakh. Le gouvernement avait menacé de représailles si les tirs se poursuivaient. Selon le commandant des forces terrestres de l’armée, Mohammad Pakpour, ces troupes ont pour but de « protéger les intérêts nationaux et maintenir la paix et la sécurité ». L’Iran a de plus offert sa médiation, après avoir appelé plusieurs fois à ce que cessent les hostilités.

Source : Ghazal Golshiri, « L’Iran apporte son soutien à l’Azerbaïdjan dans sa guerre contre l’Arménie », Le Monde, 28 octobre 2020. URL : https://www.lemonde.fr/international/article/2020/10/28/l-iran-apporte-son-soutien-a-l-azerbaidjan-face-a-l-armenie_6057660_3210.html

Un blessé lors d’une attaque contre le consulat de France en Arabie Saoudite 

Jeudi 29 octobre, un Saoudien a été arrêté après avoir blessé avec un couteau un vigile du consulat français à Djedda, « l’assaillant a été appréhendé par les forces de l’ordre saoudiennes immédiatement après l’attaque. Le vigile a été transféré à l’hôpital et ses jours ne sont pas en danger » a écrit l’ambassade française dans un communiqué. 

La police de la province de la Mecque, a déclaré que l’auteur de l’attaque était saoudien tandis que l’ambassade de France à Riyad a fermement condamné cette attaque. Cependant, le motif de l’agression reste pour l’heure inconnu. 

Cette attaque est intervenue alors que dans la matinée un suspect armé d’un couteau a tué trois personnes et blessé plusieurs autres à l’intérieur de la basilique Notre-Dame-de-l’Assomption de Nice. 

Si les motivations exactes des attaques en France et en Arabie Saoudite restent indéfinies, les deux incidents interviennent en pleine montée de colère au Moyen-Orient contre la volonté du président français Emmanuel Macron. En effet, le président, lors de l’hommage rendu à Samuel Paty, l’enseignant décapité, a promis que la France ne renoncerait pas aux caricatures du prophète Mahomet, provoquant des appels au boycott de produits français dans certains pays comme le Qatar et le Koweït et des rassemblements de protestation en Libye et en Tunisie. 

Le sentiment d’offense ressenti porte aussi sur l’islam, que le Président français a présenté comme « en crise », poussant certains dirigeants de pays à majorité musulmane et alliés de la France à critiquer la publication de caricatures du prophète de l’islam. Le président de la République islamique d’Iran, Hassan Rohani avait estimé mercredi 28 octobre, qu’insulter Mahomet encourageait « violence et effusion de sang » mais a immédiatement dénoncé « fermement » l’attaque au couteau. 

Source : « Un blessé lors d’une attaque contre le consulat de France en Arabie Saoudite », Courrier International, 29 octobre 2020. URL : https://www.courrierinternational.com/article/agression-un-blesse-lors-dune-attaque-contre-le-consulat-de-france-en-arabie-saoudite

Premier aérotransport d’un véhicule Griffon par un A400M Atlas 

Le 9 octobre 2020, dans le cadre d’une expérimentation, un A400M Atlas de l’Armée de l’Air et de l’Espace a transporté, pour la première fois, un véhicule Griffon de l’Armée de Terre de Djibouti à Orléans.

Jamais un A400M n’avait chargé et transporté un Griffon, le véhicule blindé multi-rôle de l’armée de Terre. Véhicule de 24,5 tonnes, aux dimensions impressionnantes (7,58m x 2,54m x 3,50m), le Griffon a pour missions l’appui et le transport des combattants équipés du système d’armes Félin au plus près des combats. Transportant dix hommes, il dispose d’une forte capacité de protection balistique et d’un armement d’une tourelle téléopérée mitrailleuse 12,7 mm, d’un système lance-grenades Galix.

L’opération s’est révélée délicate au regard de la taille et du poids du véhicule. Un véritable réaménagement des modalités de chargement et de déchargement de la soute de l’appareil a été nécessaire, une prouesse des mécaniciens naviguant. 

L’opération menée par le centre d’expertise aérienne militaire (CEAM) avait pour objectif « d’homologuer officiellement les conditions d’aérotransport du Griffon données au préalable par la Direction générale de l’armement » d’après le major Gilles, loadmaster du convoi. 

Ce test opérationnel fait suite à la campagne d’essais menés notamment par DGA Techniques aéronautiques en 2017. Les essais d’aérotransports avaient mesuré et identifié les dimensions du véhicule. Par la suite, ils avaient vérifié réellement par chargement dans la maquette de soute A400M cette capacité, avant de vérifier et d’optimiser les arrimages élaborés par simulation au sein du département aérotransport.

Cette mission démontre la capacité de l’armée de l’Air et de l’Espace à projeter nos forces vite et loin : le commandant de bord témoigne que « cette expérimentation réussie augmente encore les capacités de l’A400M Atlas. Il est dorénavant capable de déployer et de récupérer des Griffon sur tous les terrains qui lui sont accessibles ». 

Source : Armée de l’Air et de l’Espace, page Facebook, publication du 27 octobre 2020. URL : https://www.facebook.com/watch/?v=2785676108367849

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