Une semaine dans le monde : la semaine du 7 décembre 2020

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L’antenne Security and Defense vous propose de découvrir les actualités sécurité et défense importantes de la semaine. L’article a été rédigé par Marine Bretagne, Jeanne El Arafi et Raphaelle Loyau.

La France va disposer d’un nouveau porte-avions à propulsion nucléaire pour 2038

En 2038, la France va se doter d’un nouveau porte-avions à propulsion nucléaire destiné à remplacer l’actuel Charles de Gaulle. C’est ce qu’a annoncé le président de la République Emmanuel Macron lors d’une visite au Creusot sur le site du fabricant de réacteurs nucléaires Framatome, estimant que “notre avenir énergétique et écologique passe avant tout par le nucléaire”. 

Véritable symbole de la puissance militaire dont très peu de pays au monde disposent, le PANG (porte-avions nouvelle génération) sera plus grand et plus lourd que le Charles de Gaulle. Selon le cabinet de la ministre des Armées Florence Parly, ce sera “un concentré de puissance et de technologie” : il fera 75 000 tonnes pour environ 300 mètres de long contre 42 000 tonnes pour 260 mètres pour le CDG, avec une vitesse de 27 nœuds, soit 50 km/h environ, sera composé de catapultes électromagnétiques et pourra contenir une trentaine de chasseurs SCAF (système de combat aérien du futur) et 2 000 marins. 

Le chef de l’État a insisté sur l’importance du nucléaire pour l’avenir : “l’atome doit continuer à être un pilier pour les décennies à venir”, avant d’ajouter que “la production d’énergie renouvelable (…) doit fortement augmenter, car la France aujourd’hui n’est pas au rendez-vous, ni de ses engagements, ni de ses ambitions”, alors que le pays veut réduire la part du nucléaire de 50 % pour 2035. 

Le projet de PANG a été développé pour la première fois en octobre 2018, c’est un véritable instrument de stratégie militaire qui fera l’objet d’un coût considérable, environ plusieurs milliards pour sa construction mais aussi pour sa mise en œuvre. Selon le journaliste Jean-Dominique Merchet qui est intervenu cette semaine sur France Culture à ce sujet, “c’est un instrument politique qui produit un effet militaire”, en référence à la liberté de manœuvre que cet outil donne aux États qui le possèdent.   

La décision de construire de nouveaux réacteurs n’interviendra cependant qu’en 2023 : “l’ensemble des Français pourront choisir en connaissance de cause, en parfaite transparence. La décision définitive de construction de nouveaux réacteurs doit être préparée et devra être prise au plus tard en 2023 lorsque Flamanville 3 sera entré en service”, a complété Emmanuel Macron. Il fait référence au troisième réacteur EPR (réacteur à eau pressurisée) dont le chantier se trouve dans la centrale nucléaire d’EDF de la commune de Flamanville. 

Source : https://fr.euronews.com/2020/12/08/la-france-va-se-doter-d-un-nouveau-porte-avion-a-propulsion-nucleaire

https://www.franceculture.fr/emissions/la-question-du-jour/a-quoi-sert-un-porte-avions-a-propulsion-nucleaire?fbclid=IwAR2Re75NxRCQPVr9CwONHhAze6i3FPP2xG9gKtihLXTnQpgKcKdJ4ZHOo6U


L’Union européenne prend des sanctions minimales contre les actions de la Turquie en Méditerranée orientale 

À l’occasion d’un Conseil européen organisé à Bruxelles ce jeudi 10 décembre, les chefs d’État et de gouvernement des 27 États membres ont décidé de sanctionner les actions “illégales et agressives” de la Turquie en Méditerranée contre la Grèce et Chypre. En effet, le pays est accusé de mener des activités d’exploration avec des navires de recherche dans les eaux revendiquées par la Grèce et la République de Chypre pour tenter d’y trouver des gisements d’hydrocarbures. 

La semaine dernière, le président du Conseil européen, Charles Michel, a déclaré : “nous avons tendu la main à la Turquie en octobre. Depuis, les choses n’ont pas été très positives. Nous avons vu qu’il y a eu des actes unilatéraux et une rhétorique hostile. Nous aurons un débat lors du sommet européen le 10 décembre et nous sommes prêts à utiliser tous les moyens dont nous disposons lorsque nous constatons qu’il n’y a pas d’évolution positive”. 

Malgré l’acharnement de la Grèce, dans le contexte de la crise entre Athènes et Ankara avec le déploiement du navire turc de recherche sismique Oruç Reis dans les zones maritimes disputées, les dirigeants européens sont parvenus à un accord fragile pour sanctionner individuellement les responsables des opérations d’exploration gazière en Méditerranée orientale. Ce sont finalement des sanctions minimales qui ont été adoptées ce vendredi 11 décembre, et non des sanctions économiques, voire l’embargo sur les armes que la Grèce espérait. 

Le Haut représentant de l’Union pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, est chargé de faire un rapport “au plus tard en mars 2021” visant à faire un point sur l’évolution de la situation. Clément Beaune, le secrétaire d’État français aux Affaires européennes, s’est quant à lui félicité des sanctions adoptées en concluant : “l’idée est de serrer la vis progressivement”. 

De son côté, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait affirmé mercredi que les sanctions éventuelles ne l’inquiétaient pas : “une quelconque décision de sanctions de l’UE n’est pas un grand souci pour la Turquie”, avant de critiquer l’organisation pour ses promesses non tenues depuis 2005, date d’ouverture des négociations pour l’adhésion de la Turquie à l’UE. Suite au Conseil européen, la Turquie a rejeté la mesure allégée qui est selon elle “biaisée et illégitime”. 

Ce n’est pas la première fois que la Turquie fait l’objet de sanctions pour cette raison : en 2019, l’UE avait décidé le gel des avoirs et l’interdiction de territoire à l’encontre de deux responsables de la Turkish Petroleum Corporation. Ces mesures n’ont cependant pas eu beaucoup d’effet. 

Source : http://www.opex360.com/2020/12/11/mediterranee-orientale-lunion-europeenne-prend-des-sanctions-a-minima-contre-la-turquie/?fbclid=IwAR2z-57ZuJvSiOFbDJDBexn_jDHswDqboNoSJjoJVGJrds9bf5rkBEEcSa0 


Une enquête journalistique met en garde le Ministère des Armées du risque d’une utilisation nuisible des réseaux sociaux par les soldats 

Le 10 décembre, Mediapart publie une enquête rendant compte de l’utilisation parfois problématique des réseaux sociaux par les militaires français. La diffusion de photos et de vidéos sur Instagram et l’enregistrement de parcours d’entrainements sportifs ont permis au média indépendant d’identifier plus d’un millier de profils de militaires en service dans le cadre de l’opération Barkhane dont la bande sahélienne est le théâtre depuis 2014.

    Strava, application de footing, apparait largement utilisée par les militaires en France mais aussi lors d’opérations extérieures. Les parcours des utilisateurs sont enregistrés et accessibles puisque de nombreux soldats utilisent des comptes publics. Thomas, soldat de l’Armée de Terre, est d’abord repéré au Mali, dans plusieurs bases militaires françaises, puis il est localisé en Grèce dans l’hôtel luxueux de son sas de fin de mission et enfin en France au cours de tous ses déplacements. Alexandre est lui soldat des Forces Spéciales de l’Armée de Terre, forces d’élites dont l’identité est maintenue secrète puisque déployées lors d’opérations confidentielles dans des zones « hostiles ». L’ensemble de ses parcours sur l‘application Strava permet d’établir l’itinéraire de ses missions du Burkina Faso au Mali et d’identifier son domicile en France. Pour des raisons évidentes de sécurité, ces exemples sont développés à partir de données modifiées.

Ce problème quant à l’utilisation des réseaux sociaux et la diffusion d’informations pouvant être très utiles pour identifier et localiser les soldats, et donc en connaitre l’organisation et la progression, semble pourtant cerné par le Ministère des Armées. Depuis 2012, les soldats reçoivent un guide de bon usage des réseaux sociaux mentionnant l’interdiction de « diffuser tout contenu lié à l’opération » sur leurs profils. La disponibilité de ces données pose problème dans le cadre de la lutte contre le terrorisme puisque les groupes djihadistes ont accès à celles-ci, et qu’elles deviennent ainsi des outils pour la localisation et l’identification des soldats des forces françaises.

Source : https://www.mediapart.fr/journal/international/101220/des-militaires-francais-compromettent-la-securite-de-leurs-operations-sur-les-reseaux-sociaux?onglet=full 

Trump, arbitre de la normalisation des relations entre Israël et le Maroc

    Jeudi 10 décembre, Donald Trump annonçait la normalisation des relations diplomatiques entre Israël et le Maroc par un accord qualifié d’« historique » par le premier ministre Benjamin Netanyahou lors d’une cérémonie de la fête d’Hanoukka. Après les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Soudan, le royaume chérifien est le quatrième pays arabe qui, par le biais de la médiation américaine, adopte une telle position vis-à-vis de l’État hébreu.

    La « diplomatie transactionnelle » du président américain permet au Maroc d’obtenir la reconnaissance de sa souveraineté sur le Sahara occidental. Depuis le retrait du colonisateur espagnol de la région en 1976 et jusqu’en 1991, les forces marocaines affrontent les indépendantistes sahraouis. Le cessez-le-feu instauré alors a été rompu en novembre 2020, mois au cours duquel des échanges de tirs ont eu lieu entre les deux parties prenantes du conflit. Le statut quo a longtemps été maintenu par la communauté internationale, en témoigne la représentation de la frontière entre le Maroc et cette région par une ligne discontinue sur nombre de cartes. Ce geste de la « diplomatie transactionnelle » de Donald Trump arrive à la fin de son mandat et constitue, selon Libération, « une transaction impensable pour la future administration Biden ».

    Les relations entre Israël et le Maroc n’étaient toutefois pas inexistantes jusqu’alors. Les services de renseignements des deux États collaboreraient depuis les années 60 et l’aide des agents du Mossad aurait été précieuse pour l’appréhension et la disparition de Mehdi Ben Barka, opposant au roi Hassan II. C’est au Maroc et en la présence de son roi que débutent en 1977 les préparations des accords de Camp David entre l’Égypte et l’État-nation du peuple juif. Une présence diplomatique israélienne à Rabat est actée et efficiente depuis les accords d’Oslo signés en 1991.

Sources : https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/12/11/le-deal-de-donald-trump-entre-le-maroc-et-israel_6063018_3212.html 

https://www.liberation.fr/planete/2020/12/10/trump-arrache-la-normalisation-des-relations-entre-israel-et-le-maroc-en-bradant-le-sahara-occidenta_1808304


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